Le ceinturage des arbres

le ceinturage

Le double ceinturage d’un chêne réalisé en novembre et décembre 2018 en lune decendente.

Le ceinturage est une technique qui date probablement du moyen Âge. Elle consiste à enlever l’écorce et l’aubier tout autour de l’arbre. Cette opération se pratique en deux foies dans la période de l’année ou l’arbre est « hors sève ».

Cette pratique a été redécouverte et mise en oeuvre par Pascal Waringo qui depuis plusieur années, avec l’association des Bâtisseurs Médiévaux ceinture des arbres  et utilise leur bois pour la rénovation de batiments anciens.

En décembre 2018, 140 arbres de plus de 32 cm de diamètre ont été ceinturé et environ 80 plus petits.

Depuis plusieurs mois nous avons commencé à débiter des grumes de chêne issues de ce ceinturage. Le résultat est bien au-dessus de nos espérances, car nous obtenons un bois d’une grande stabilité.

chêne ceinturé depuis un an

Onze mois après le ceinturage ce chêne est déjà bien sec.
Il a aussi fait le plaisir des pics

 

 

               Ceinturage des arbres en forêt de Mauvesin 1ère note d’étape    

Contexte :

La forêt de Mauvesin est composée essentiellement de feuillus, chêne, hêtre, châtaignier, charme, merisier, alisier etc… Elle est située dans le sud Toulousain sur les contreforts qui séparent la vallée de la Lèze de la vallée de l’Ariège.

Depuis 30 ans, les coupes réalisées sont des coupes d’éclaircies. Elles prélèvent 20% du volume de bois et ont pour objectif de favoriser les tiges d’avenir, récolter du bois d’œuvre tout en préservant la biodiversité et une ambiance forestière.

À partir de 2017, les grumes récoltées ont été transformées sur place dans notre scierie pour la production de bois de charpente principalement mais aussi de bois pour la menuiserie.

 

Opération de ceinturage

A l’automne 2018 après avoir pris connaissance du ceinturage par David Pablo et par l’article de Pascal Waringo la décision a été prise de mettre en pratique cette technique sur l’ensemble de la coupe 2019 mais aussi dans le but de constituer un stock d’arbre sec sur pied sur l’ensemble de la coupe prévu pour 2020 soit au total 16 ha.

À partir du 4 novembre en lune descendent un premier petit ceinturage réalisé avec une petite tronçonneuse. L’objectif était d’atteindre l’aubier avec juste un « trait » de tronçonneuse

Un cordeau a également été ajouté sur une partie des arbres mais cette action est davantage réalisée par respect pour la méthode mise en place par Pascal Waringo que dans un but précis.

À partir du 29 novembre (une lune plus tard) le deuxième ceinturage à été réalisé à la tronçonneuse mais cette fois-ci   plus profondément en essayant d’atteindre le duramen. Techniquement cela consistait à faire un tour de tronçonneuse horizontal puis à « biseauter » de haut en bas. Ce deuxième ceinturage a été réalisé à la base de l’arbre en essayant de préparer la charnière de la future coupe.

Au total 140 arbres de plus de 32 cm de diamètre et environ 80 plus petits ont ainsi été ceinturés.

Récolte et sciage des grumes :

À partir du mois de mars 2019 les arbres ont commencé à être récoltés puis sciés et bien que ce soit difficile de quantifier les effets du ceinturage, le ressenti est le suivant :

  • Au moment de la coupe si on touche la souche fraichement coupée « le bois est plus sec »
  • Au moment du sciage, incontestablement le bois à une meilleurs « tenue », les planches ou les chevrons ont beaucoup moins tendance à se cintrer et ce constat est encore plus vrai aujourd’hui 10 mois après le ceinturage que lors des premières coupes.
  • Au cours du séchage cette stabilité perdure
  • Le bois n’est quasiment pas attaqué par les insectes

 

  • il semble que le ceinturage améliore la résistance du bois en comparaison avec un bois simplement coupé en bonne période et bonne lune.
  • Le chêne après être scié « ne fait pas ou peu de tanins » (pas de marque de tanin sur les fourches de l’élévateur)Un ceinturage pas toujours réussi Au printemps, au moment du débourrement, un certain nombre de tiges ont commencé à bourgeonner, puis à avoir des feuilles ce qui nous a bien évidements inquiétés.Début juin sur la parcelle de coupe 2020 nous avons réalisé des observations sur 40 gros arbres (diamètre compris entre 32 et 75 cm), en voici la synthèse :
    • 9 tiges ne présentent aucune feuille
    • 3 ont des feuilles petites peut nombreuses et vertes claire
    • 10 ont des feuilles petites et vertes clair mais en quantité plus importante
    • 18 ont des feuilles tout à fait normales, le ceinturage semble n’avoir aucun effet.

    En même temps qu’une observation des houppiers nous avons mesuré la profondeur du 2eme ceinturage sur toute sa circonférence. Il en ressort les tendances suivantes :

    • Les 18 tiges dont le ceinturage n’a pas eu d’effet apparent ont un ou plusieurs point « faible » sur le ceinturage avec des profondeurs comprises entre 0 et 4 cm sur plusieurs points.
    • Les tiges sur lesquelles le ceinturage a eu un effet peuvent elles aussi avoir un ou plusieurs points faibles mais dans une moindre mesure
    • Il semble également que les arbres dont le houppier est très développé soient plus capable de résister au ceinturage. Cette capacité est probablement liée à un obier plus important.

     À partir du mois d’août les houppiers qui étaient toujours en feuilles ont commencé à sécher y compris pour partis ceux qui ne semblaient pas souffrir du ceinturage.

     Sur une partie de la coupe 2019 sur les 46 arbres ceinturés initialement il en restait le 29 octobre dernier 13 qui avait encore des feuilles vertes.

    Risques liés au ceinturage

    Lorsque l’arbre est ceinturé il est très clairement fragilisé notamment par la coupe de ses contreforts. Dans notre cas, sur les 220 arbres de notre expérience, 3 ont fendu ou chuté

    Intérêt de ce principe sur la gestion de la récolte des grumes.

    Le ceinturage permet sans le moindre cout de stocker ses grumes en forêt et de les récolter au fur et à mesure des besoins. Il permet surtout de récolter dans de bonnes conditions météorologiques.

    C’est une action qui représente une charge de travail supplémentaire mais qui a l’intérêt d’être plus rapide que la coupe, permettant ainsi de réaliser toute l’opération aux meilleures dates.

    Date de ceinturage retenu

    Du 15 novembre au 15 janvier en lune descendante en privilégiant les jours fleurs et en évitant les jours feuilles selon les conseils et le calendrier de Maria Thun.

    François Aveline le 3/12/2019